La patate, la sardine et le cheval

De Forge du projet Territoires Sonores
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Chaque friandise sonore a son parfum et sa couleur : des grottes au sémaphores, du vécu au ressenti, de le vie traditionnelle aux nouveaux usages… Les facettes du Cap de la Chèvre ont un goût savoureux de savoir, de berlingot et de flâneries. Ecouter les autres friandises sonores.

Informations sur le document

Date : 19/04/09

Durée : 4 min 17

Descriptif : L'historien Jean-Jacques Kerdreux nous fait découvrir la vie des paysans-pêcheurs du cap de la Chèvre au tournant des années 1830.

Réalisation : Matthieu

Matériel : micro LEM DO21B / préampli Sound Devices MixPre / enregistreur Edirol R-1

Logiciel de montage : Samplitude SE

Prise de son : Avril et juin 2007

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Retranscription

(bruits des vagues sur le sable)

Ben, en 1831 c'est clair, les gens qui vivent sur le cap de la Chèvre ont une double activité, ils sont à la fois agriculteurs et marins pêcheurs. Ils sont agriculteurs, ils cultivent des parcelles qui forment une auréole autour des villages, bon, et ils sont marins pêcheurs saisonniers et pratiquent, euh pratiquement uniquement la pêche à la sardine qui se fait à partir de la fin du printemps, euh à peu près fin du printemps début de l'été, alors on va dire juin juillet, quoi hein voilà, et qui dure jusque courant novembre, fin novembre. La fin de la saison est fonction des mouvements du poisson. Et ces marins pêcheurs qui sont sur le Cap de la Chèvre et qui font cette pêche-là, y'a pas de port sur le Cap de la Chèvre, alors ils vont chercher des embarquements à Morgat, à Camaret, mais aussi à Douarnenez. Donc ceux qui vont sur Douarnenez, ben ils sont pratiquement, comme on dirait, travailleurs immigrés à Douarnenez pendant toute la saison.

Ils n'étaient pas là, ou si, ils pouvaient être là, au moment des semailles d'octobre quand on semait le blé, bon. Ils étaient là, complètement, au moment où on semait l'orge, c'est à dire au mois d'avril et au moment où on mettait les pommes de terre, c'est à dire fin avril-mai, voilà. Ils n'étaient pas là au moment où on faisait la moisson et au moment où on arrachait les pommes de terre. Mais il y avait aussi des accommodements qui existaient, on pouvait débarquer pour la durée de la moisson et débarquer pendant la durée de l'arrachage des pommes de terre. Si c'était pas possible de toutes façons, y'avait toujours les jeunes qui étaient là, les femmes qui étaient là, les vieux qui pratiquaient plus la pêche. Donc il y avait tout un cycle de travail qui tenait compte des contraintes, mais qui pouvait se dégager des contraintes pour faire venir l'homme valide et dans la force de l'âge pour suppléer la force de travail qui n'était peut-être pas suffisante avec les vieux et puis les femmes et les enfants. Voilà comment ça fonctionnait.

(Chants d'oiseaux)

La plupart du temps, les gens n'avaient pas un cheval à l'année. Ça sert à rien d'avoir un cheval à l'année, nourrir un cheval à l'année, alors que pendant une partie de la période pendant laquelle on pourrait l'utiliser, l'homme n'est pas là. Donc y'a pas d'cheval à l'année. Et puis y'a aussi un problème de l'entretien du cheval, euh le cheval va se nourrir au détriment de terres qui pourraient être utilisées pour faire autre chose. C'est une bouche de trop. Conséquence, c'qu'ils faisaient, c'qu'ils faisaient en général, quand ils avaient assez d'argent pour avoir un cheval, mais pas assez d'argent pour le garder, et bien ils achetaient un cheval avant les labours et ils le revendaient après les labours. Alors ils pouvaient l'acheter durant l'automne, avant les labours d'automne et le revendre après les labours de printemps. Quand il n'y avait pas assez d'argent pour un cheval, et bien tout simplement c'étaient des phénomènes d'entre-aide qui jouaient, « tu viens avec ton cheval et moi je te rembourserai en te donnant, non pas de l'argent, mais des journées de travail. Quand t'auras besoin de quelqu'un pour un grand travail, on compensera. » Et derrière tout ça il y avait bien sur des relations de voisinage et qui étaient la plupart du temps aussi des relations qui étaient liées à des liens familiaux. Voilà comment ça fonctionnait.

(chants d'oiseaux et bruits de vagues sur le sable)

Informations complémentaires

Bibliographie

Lien vers la bibliographie sur la vie maritime du Cap de la Chèvre

Lien vers la bibliographie sur la vie agricole du Cap de la Chèvre

Licence

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